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Alain Beuve-Mery et Cécile Ducourtieux, Les éditeurs font de la résistance sur le prix du livre électronique, Le Monde, 29 septembre 2012.

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Une place à prendre, le roman de J.K. Rowling, arrivé vendredi 28 septembre dans les librairies françaises, sera vendu 24 euros. En version numérique, il coûtera 15,90 euros. Huit euros de différence, alors que le livre électronique n’a nécessité ni papier ni travail d’impression ni distribution physique, qui pèsent "entre 30 % et 50 % dans son coût", selon Françoise Benhamou, professeure à l’université Paris-13.

Pourquoi les éditeurs – qui, en France, en vertu de la loi sur le prix unique du livre, étendue au numérique en 2011, sont les seuls à pouvoir fixer les tarifs – font-ils ce choix ? Cette cherté relative n’est-elle pas responsable des faibles volumes vendus ? Le numérique a pesé moins de 1 % du chiffre d’affaires de l’édition hexagonale en 2011, contre plus de 10 % en Grande-Bretagne.

Interrogés, les éditeurs assurent que le coût de production de l’ouvrage numérique n’est pas nul. "Ça coûte plus cher de faire un fichier numérique qu’un exemplaire d’un livre papier", affirme Alexis Esménard, directeur du développement numérique chez Albin Michel. Eric Marbeau, son alter ego chez Gallimard, rappelle que "l’ouvrage électronique supporte la rémunération de l’auteur", comme le livre papier. L’éditeur doit aussi adapter le fichier PDF, envoyé à l’imprimeur, aux formats compatibles avec les liseuses : ePub (lu par les iPad d’Apple, les Kobo, les Bookeen, les machines de Sony) ou Mobi, le format du Kindle d’Amazon.

"Certains fichiers sont plus complexes. Comme l’essai L’Invention de la France, d’Emmanuel Todd, avec tableaux et cartes", précise M. Marbeau. "La production d’un fichier va de 50 euros pour une conversion basique d’un PDF à plusieurs milliers d’euros, tout dépend du rendu voulu", assure Alexandre Levasseur, chez Bragelonne, éditeur de littérature fantastique.

Pour l’heure, les volumes vendus sont très faibles. "Quand vous en vendez 150, vous êtes contents", selon M. Levasseur. "Si on rapporte le coût de fabrication au nombre d’exemplaires écoulés, on est souvent en perte", poursuit M. Marbeau. "Tant que le livre numérique ne se vendra pas plus, il n’y aura pas d’économies d’échelle", selon Mme Benhamou.

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