Accueil du site > Verbatim > Audiovisuel > Une chaîne publique d’information : pour quoi faire ?

Verbatim

Centre de ressources, les pages Verbatim donnent à lire des notes, des réflexions, des rapports, des dossiers et tous autres documents.

Une chaîne publique d’information : pour quoi faire ?

Version imprimable de cet article Version imprimable envoyer l'article par mail envoyer par mail

La présidente de France Télévisions et le président de Radio France ont annoncé la création prochaine d’une chaîne d’information publique en France, soit une chaîne gratuite. Cette annonce a plutôt été bien accueillie par la presse, peut-être parce que la « chaîne d’info » est l’un des mythes professionnels du journalisme français et, par ricochet, des élites politiques du fait de la très grande proximité socioculturelle en France de ces deux univers : la France compte déjà quatre chaînes d’information (LCI, BFM TV, I-télé, France 24) et une radio d’information (France Info).

Pourtant l’annonce d’une chaîne publique d’information se prête à d’importantes questions, notamment sur son financement, dans un contexte de fragilité des comptes et des ressources de France Télévisions qui ne finit plus de demander de nouvelles ressources à l’Etat, d’échec absolu mais nié par tous de France 4, de difficultés de France Télévisions à produire d’ambitieuses fictions audiovisuelles ou, depuis ER (Urgences), à acquérir les droits de séries américaines dont les téléspectateurs « parlent au bureau » le lendemain de leur diffusion (Person of Interest, House, Grey’s Anatomy, The Blacklist…).

L’annonce d’une chaîne publique d’information intervient alors que le CSA s’apprête à commettre de nouvelles auditions à propos des demandes de passage en diffusion gratuite de LCI (chaîne d’information du groupe TF1) et de Paris Première (chaîne généraliste du groupe M 6). Ces auditions sont la conséquence de l’annulation le 16 juin 2015 par le Conseil d’Etat, pour un motif de procédure, du refus du CSA d’accéder aux demandes de LCI et de Paris Première (décision n° 2014-357 du 29 juillet 2014). Or nombre de raisons opposées par le CSA au passage en gratuit de LCI sont factuelles et donc opposables à tout autre projet de chaîne d’information sur la TNT gratuite : le ralentissement de la croissance de la durée d’écoute quotidienne de la télévision des personnes de quatre ans et plus équipées d’un téléviseur, voire la baisse de cette durée d’écoute ; la stagnation relative de la part d’audience cumulée des chaînes d’information gratuite ; la standardisation du profil socioprofessionnel des téléspectateurs des chaînes d’info (un public significativement masculin et âgé).

(...)

Lire la suite