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Andras Koltay, L’autorégulation de la presse au Royaume-Uni : La Press Complaints Commission, in (coll.) Philosophie juridique journalisme, Mare et Martin, 2011.

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Parmi les nombreuses critiques formées contre la Press Complaints Commission, il y a d’abord celle sur la difficulté à extraire une véritable doctrine de la Commission sur chacun des chapitres du Code of Pratice. Et la Commission a eu beau de faire remarquer que le caractère casuistique de son travail lui interdit précisément une approche « dogmatique ». Plus fondamentalement, deux éminents auteurs, James Curran et Jean Seaton, ont fait valoir que ce n’est pas le manque d’indépendance ou d’effectivité du travail de la Commission qui était problématique mais son « manque d’ambition ». L’Institution souffre à leurs yeux d’être enfermée dans une contradiction forte : la Commission a été créée par la presse mais la presse n’apprécie guère son principe même. Dans cette mesure, elle est réduite à n’être qu’une caisse d’enregistrement des récriminations formées contre la presse et, au mieux, un « lobbyiste discret » auprès des éditeurs de presse. Dans une certaine mesure, cette critique rejoint celles qui touchent à l’impartialité de la Commission, et qui argue de ce qu’une part de ses membres sont somme toute des « professionnels de la profession », et que les revenus des autres membres sont également déterminés par des dotations de propriétaires de médias. Sans compter le fait que ses normes de référence soient produites avec l’assentiment des éditeurs de presse et pas indépendamment d’eux. (…) La Press Complaints Commission est donc mythifiée à l’étranger par un certain nombre de juristes et d’acteurs des médias alors qu’elle nourrit de nombreuses et fortes critiques des experts britanniques. Ces critiques ne compromettent cependant pas l’avenir de l’institution puisque même le rapport parlementaire d’évaluation de la Commission rendu en 2007 assortissait ses nombreuses observations critiques sur les dysfonctionnements de la presse de la reconnaissance d’un certain nombre d’avantages à l’existence de la Commission et d’un encouragement à une réflexion plus aboutie. (...)