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Veille éditoriale

Le Cercle Français de Droit des Médias et de la Culture signale volontiers en ces pages des études et des réflexions portant sur l’audiovisuel, le cinéma, l’internet et le multimédia, la Presse et le journalisme, les biens culturels et la propriété intellectuelle, les arts, les spectacles, la police des discours, etc.

Comité d’histoire du ministère de la culture, La politique culturelle en débat. Anthologie 1955-2012, Textes réunis et présentés par Philippe Poirrier, La documentation française, 2013.

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Cette anthologie réunit une soixantaine de textes (articles de presse, allocutions, interventions, extraits de livres) qui sont autant de ponctuations du discours français de la « politique culturelle ». Le déroulé chronologique de ces textes, explique Philippe Poirrier, « témoigne du déplacement des principaux enjeux : la dénonciation de l’absence d’une politique culturelle (…) laisse progressivement la place à des débats sur la forme qu’une telle politique publique doit prendre. L’échec du rattachement de l’Education populaire au ministère des Affaires culturelles suscite la désillusion des militants, avant même que le souffle de mai 1968 n’anime les analyses des contemporains. Les années 1970 confortent les premiers acquis de la sociologie de la culture : les perspectives critiques de Pierre Bourdieu s’imposent face à l’empirisme et à la prospective privilégiés par Joffre Dumazedier. (...). La fin de la décennie voit l’affirmation des industrielles culturelles (…) et une politique culturelle stigmatisée par Pierre Emmanuel pour sa faiblesse. Le volontarisme de la politique culturelle engagée à partir de 1981 par François Mitterrand et Jack Lang soulève de vives polémiques. La volonté d’ouvrir le champ culturel reconnu par les pouvoirs publics est dénoncée comme une « défaite de la pensée » (Alain Finkielkraut). Mais la charge la plus vive contre « l’Etat culturel » (Marc Fumaroli) a lieu au tournant des années 1990, et contribue à structurer ensuite le débat entre défenseurs de « l’exception culturelle » (Jacques Rigaud) et contempteurs de l’intervention publique rangés sous la bannière du libéralisme. La thématique de la « refondation » de la politique culturelle conduit à clarifier les enjeux, et à proposer un devenir à l’intervention publique, alors même que la thématique de la « diversité culturelle » tend à s’afficher comme le nouveau paradigme qui gouverne la politique culturelle de la France ».