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Veille éditoriale

Le Cercle Français de Droit des Médias et de la Culture signale volontiers en ces pages des études et des réflexions portant sur l’audiovisuel, le cinéma, l’internet et le multimédia, la Presse et le journalisme, les biens culturels et la propriété intellectuelle, les arts, les spectacles, la police des discours, etc.

Emmanuel Derieux et Agnès Granchet, Lutte contre le téléchargement illégal. Lois DADVSI et HADOPI, Éditions Lamy, 2010.

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Les lois Dadvsi, du 1er août 2006, Hadopi, du 12 juin 2009, et Hadopi 2, du 28 octobre 2009, ont constitué des épisodes d’un long et tumultueux feuilleton législatif. Par un dispositif particulier, il a été cherché à lutter contre le téléchargement illégal, dans le cadre des échanges peer to peer (« P2P ») notamment. Il est fait ici état des arguments et des points de vue échangés. La controverse est loin d’être close. Après l’adoption des textes, demeure le problème de leur application. Celle-ci est loin d’être garantie.

De telles pratiques de téléchargement illégal portent atteinte aux droits des auteurs, des artistes-interprètes, des éditeurs et des producteurs. Elles sont constitutives de contrefaçons. Elles menacent l’avenir de la création et des industries culturelles. Tous, titulaires de droits et public, auraient à en souffrir. On ne peut se satisfaire du principe de gratuité que revendiquent les jeunes générations.

Partant du désir d’adopter des dispositions moins lourdes et plus souples que celles applicables à la contrefaçon en général, n’en arrive-t-on pas à un régime plus rigide et contraignant ? Celui-ci comporte, à l’issue d’interventions administratives et judiciaires, la peine complémentaire de la suspension de l’accès à internet. Celle-ci est susceptible d’être prononcée, dans des conditions spécifiques, non seulement à l’encontre des personnes coupables de tels faits, mais également de celles contre qui sera retenue la négligence dans la surveillance de l’utilisation de leur connexion. Ne conviendrait-il pas d’engager davantage la responsabilité de ceux qui fournissent les moyens (logiciel, hébergement, accès) de ces pratiques illégales et qui en tirent de substantiels avantages financiers ?

Face aux difficultés rencontrées par le droit, les techniques, qui facilitent de tels usages, ne permettraient-elles pas aussi d’y faire obstacle ? Plus positivement même, par le relevé des œuvres et des prestations téléchargées et de leur quantité, ne pourraient-elles pas contribuer à la pleine mise en œuvre des droits en cause ?

L’indispensable protection des droits des auteurs et des artistes-interprètes et, à travers eux, de l’avenir de la création sous toutes ses formes ne peut se faire que dans le respect des droits des internautes. Aucun ne doit l’emporter sur les autres ni être sacrifié aux autres. Cela serait pire que tout ou constituerait un « peer » ratage... (PDE)