Accueil du site > Veille éditoriale > Geneviève Gentil et Michel Kneubühler (dir.), Le fil de l’esprit. Augustin (...)

Veille éditoriale

Le Cercle Français de Droit des Médias et de la Culture signale volontiers en ces pages des études et des réflexions portant sur l’audiovisuel, le cinéma, l’internet et le multimédia, la Presse et le journalisme, les biens culturels et la propriété intellectuelle, les arts, les spectacles, la police des discours, etc.

Geneviève Gentil et Michel Kneubühler (dir.), Le fil de l’esprit. Augustin Girard, un parcours entre recherche et action, Comité d’histoire du Ministère de la Culture, 2011.

Version imprimable de cet article Version imprimable envoyer l'article par mail envoyer par mail

C’est d’abord un bel objet livresque que le Comité d’histoire du ministère de la culture a édité en souvenir d’Augustin Girard (1926-2009) : qu’il s’agisse de la composition graphique et de l’accompagnement iconographique de ce volume ; qu’il s’agisse du disque optique compact (maladroitement désigné « compact-disc ») adjoint à l’ouvrage et qui donne à entendre le dédicataire dans le contexte de certains colloques ou de telle interview sur France Culture ou sur RMC. Croisement entre le genre de l’anthologie et celui des mélanges, cet ouvrage est surtout exceptionnel par la qualité de ses textes : aussi bien ceux d’Augustin Girard choisis à titre introductif de chacune des parties que ceux des chercheurs ou acteurs de la décision publique culturelle ayant contribué à l’ouvrage, l’ensemble composant une véritable histoire intellectuelle, politique et sociale de l’administration et de la politique de la culture en France depuis la création du ministère des affaires culturelles jusqu’à nos jours.

Deux chapitres-parties devraient particulièrement retenir l’attention des juristes. Le premier concerne la décentralisation et l’aménagement culturel du territoire et compte notamment une riche analyse par Catherine Tasca, par exemple, des « protocoles de décentralisation culturelle » initiés par elle-même en 2000 et interrompus en 2002, de la loi du 13 août 2004 portant « Acte II de la décentralisation », de la réforme territoriale de 2010 et de son extraction de la culture de « la restriction de la clause générale de compétence pour les départements et les régions ». Le chapitre-partie consacré aux industries culturelles et à l’économie de la culture n’entre pas moins en résonance avec les questionnements des juristes. Emmanuel Hoog y livre une réflexion personnelle et riche sur la « rencontre désormais permanente entre les institutions culturelles et les industries » et sur sa conviction que « civiliser l’internet » constituait un enjeu de politique culturelle.

Pascal Mbongo