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Gisèle Sapiro, La Responsabilité de l’écrivain, Seuil, 2011.

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Un écrivain peut-il tout dire, et si non, quelles sont les limites ? Celles-ci ont-elles évolué, ou les interdits sont-ils permanents ? Un écrivain doit-il tout dire, et si oui, les lois de la République des lettres lui font-elles obligation d’enfreindre celles du pouvoir et de la morale ? Telles sont quelques-unes des questions qu’aborde ce livre d’une ampleur intellectuelle et politique considérable. La liberté de l’auteur est indissociable de sa responsabilité, autrement dit d’une réflexion sur le rôle social de l’écrivain et sur les pouvoirs, réels ou supposés, de l’écrit. C’est ce lien que l’une des meilleures spécialistes de la condition des écrivains à travers l’histoire s’est attachée à penser pendant dix ans. L’étude traite ces questions à quatre moments-clés, qui marquent autant d’étapes dans l’histoire de la morale publique en France : la Restauration, le Second Empire, la Troisième République et la Libération. On y revisite des procès célèbres : ceux de Béranger, Courier, Flaubert, Baudelaire, ceux des naturalistes et, à partir d’archives inédites, ceux des intellectuels collaborationnistes. L’épilogue examine la redéfinition de ces enjeux des années 1950 à nos jours : les formes de censure se font plus discrètes, la parole de l’écrivain a perdu de son poids dans l’espace public, mais l’actualité montre que la littérature peut encore être scandaleuse. (PDE)