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Veille éditoriale

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Marie Darrieussecq, Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction, POL, 2010.

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« A la fin de l’été 2007, en pleine rentrée littéraire », résume Raphaëlle Rérolle dans Le Monde des livres, « l’affaire avait secoué la petite planète des lettres parisiennes : Camille Laurens, auteur en vue des éditions POL, accusait Marie Darrieussecq, autre auteur à succès, elle aussi publiée chez POL, d’un crime encore non répertorié par le code la propriété intellectuelle : le « plagiat psychique » ». Marie Darrieussecq publie un essai juridique, historique et littéraire (Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction, POL, 2010) dans lequel elle revient sur l’épisode et que son illustre éditeur présente dans les termes suivants :

Accusée à deux reprises de plagiat – une première fois par Marie NDiaye en 1998 – et plus récemment par Camille Laurens, Marie Darrieussecq a voulu comprendre ce qui lui était arrivé et, bien sûr, se défendre de cette accusation renouvelée. Elle s’est donc penchée sur la notion de plagiat, sur l’histoire de ce concept à travers la littérature. Elle s’est aperçue que nombre d’écrivains, et pas des moindres, ont eu à subir cette accusation. Et s’il ne s’agit pas de banaliser par le nombre – tous plagiaires – il s’agit de se demander comment on en arrive là. À quoi sert-elle, cette accusation de plagiat ? Comment « prend-elle », pourquoi trouve-t-elle toujours tant d’échos ? Qu’est-ce que cela veut dire, d’un état de la critique et des institutions littéraires, d’un état de la société puisque la littérature fait symptôme ? Que l’accusation de plagiat soit une tentative d’assassinat symbolique, c’est une évidence. Concurrence entre écrivains, conflits de personnes et autres trivialités psychologiques, certes. Mais l’intérêt de cette ample étude est aussi de démontrer qu’elle participe d’un dispositif plus vaste : un empêchement général, une chape de plomb faite d’interdits, de sacralité et d’anathèmes. Une surveillance de la fiction, qui vaut pour toute écriture non appropriée, et dont est retracée ici la longue histoire, de Platon au goulag.

- Dans son nouveau roman, Romance nerveuse, publié chez Gallimard, Camille Laurens revient elle aussi sur cet épisode dans ses aspects touchant à la réaction de son éditeur historique, POL.

- Sur la controverse Marie Darrieussecq/Camille Laurens en général et sur l’autofiction en particulier, voir également : L’Homme. Revue française d’anthropologie, Vérités de la fiction, 2005, n° 175-176 ; les actes des Assises internationales du Roman, Roman et réalité, Christian Bourgois éditeur, 2007.