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Veille éditoriale

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Michel Deléan, Adjugé, volé. Chronique d’un trafic à Drouot, Max Milo, 2011.

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Voici plusieurs années qu’une information judiciaire a été ouverte au sujet d’une filière d’écoulement d’objets volés lors de successions ou (de) déménagements au sein même de l’hôtel de ventes de Drouot. Il est question de meubles anciens, d’horloges, d’émaux, de bibelots, de bijoux, de livres anciens, de tableaux. Et il est question notamment de Cocteau, de Braque, de Dubuffet, d’Ernst, de Masson, de Léger, de Courbet, etc. Par suite, Michel Deléan « se propose de lever le voile sur certaines pratiques occultes et assez anciennes ayant cours autour de l’hôtel des ventes de Drouot et en son sein ; elle se base notamment sur plusieurs centaines de documents inédits, issus des investigations menées depuis 2009 par les services de police et la justice, auxquels l’auteur a pou avoir accès ».

Comme l’auteur lui-même rappelle que les mis en cause dans le cadre de cette information judiciaire bénéficient de la présomption d’innocence, ce ne sont donc pas les développements du livre relatifs à l’enquête policière et à l’information judiciaire que l’on voudra retenir du livre (la restitution des procès-verbaux d’auditions et d’écoutes téléphoniques constitue l’ouvrage à plus de 75%).

L’on peut grappiller dans le livre de Michel Deléan des informations sur l’histoire et l’économie des salles de ventes, du marché des œuvres d’art, de la circulation licite ou illicite des œuvres d’art. C’est un univers de traditions que décrit l’auteur : la tradition de cooptation des commissionnaires de Drouot ; la tradition de savoir-faire et d’ardeur au travail des commissionnaires ; les traditions caractéristiques des relations entre les commissaires de Drouot, les commissaires-priseurs, les sociétés de vente commerciale de l’Hôtel Drouot, les brocanteurs et les collectionneurs. Mais aussi la tradition des yape (on parle encore de gnape(s) ou de crapoutche(s)), autrement dit des vols. « Au départ, racontent les anciens, la yape consiste à récupérer des objets que les commissaires-priseurs laissent de côté, avec ou sans leur accord, lors d’un enlèvement. C’est à la fois une tradition et un péché véniel aux yeux des Savoyards [les commissionnaires] de Drouot, qui se targuent d’être de gros travailleurs. La yape, c’est aussi la fauche, après-coup, de ce qui n’a pas été pointé et inventorié par les commissaires-priseurs ou leurs employés… ».

PM