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Veille éditoriale

Le Cercle Français de Droit des Médias et de la Culture signale volontiers en ces pages des études et des réflexions portant sur l’audiovisuel, le cinéma, l’internet et le multimédia, la Presse et le journalisme, les biens culturels et la propriété intellectuelle, les arts, les spectacles, la police des discours, etc.

Olivier Bessard-Banquy, L’industrie des lettres, Pocket, 2012.

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C’est une foisonnante (pas moins de 540 pages) chronique économique, sociale, politique et même juridique de la vie éditoriale française depuis les années 1970 jusqu’à nos jours que propose Olivier Bessard-Banquy dans cet ouvrage en réédition. Rien n’a échappé à l’auteur, comme le fait remarquer son préfacier, Pierre Jourde, à travers son énumération des thèmes traités : « la mainmise croissante des commerciaux sur la politique éditoriale ; la recherche du profit à court terme au détriment de la politique de fonds ; la concentration de l’industrie éditoriale au sein de conglomérats dont le livre n’est qu’une partie de l’activité ; la politique de la « cavalerie », consistant à inonder les libraires d’exemplaires qui ne seront pas vendus, afin de constituer une avance de trésorerie ; les piles de nouveautés entassées dans les supermarchés, dont la moitié est destinée au pilon ; la judiciarisation de l’édition, multiplication des procès contre les livres qui aboutit à l’établissement d’une autocensure, en amont de la publication ; le panurgisme de la presse, qui concentre tous les articles sur LE livre de la rentrée, au détriment des sept cents autres ; la recherche de la rentabilité sur chaque titre ; les auteurs achetés comme des footballeurs, à coups d’avances ruineuses rarement comblées par les ventes ; la rapacité de certains auteurs vedettes ; la multiplication des fast books et autres produits commerciaux formatés dus à des vedettes des médias, du sport ou des faits divers ; la quête du petit scandale qui fait vendre ; le manque d’imagination des jurés des prix littéraires ; l’endogamie d’un milieu où les écrivains sont aussi journalistes, jurés de prix littéraires et directeurs de collection ; la survie de plus en plus difficile des petites maisons ; la concurrence de l’audiovisuel… »
« Notre conviction, après avoir travaillé longtemps dans l’édition », écrit pour sa part l’auteur, « est que les métiers du livre ne sont pas moins beaux aujourd’hui qu’hier et qu’il reste en France des auteurs, des éditeurs, des libraires, des bibliothécaires sans qui la passion du livre ne serait plus ».

PM